Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents,
le pont "romain" d'Aiguines,
site inscrit au patrimoine de la commune de Moustiers-Sainte-Marie,
inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques,
a été lâchement abandonné dans les eaux sombres du lac de Sainte-Croix en 1974.
Printemps 2011 :
le lac de Sainte-Croix, à l'endroit où se trouvait le pont "romain" d'Aiguines.
Vous pouvez placer la souris sur l'image pour faire la comparaison entre
le site actuel (2011) et le même endroit quarante ans plus tôt (1971).
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Printemps 1974 :
l'eau affleure le tablier du pont.
Dans quelques jours, il disparaîtra dans le lac de Sainte-Croix.
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Automne 2011 :
plusieurs dizaines d'années plus tard, qu'est devenu le pont multiséculaire ?
Miné par les eaux, est-il toujours debout ?
A-t-il résisté à la terrible crue de novembre 1994,
qui a vu les barrages du Verdon en danger,
et les énormes blocs de béton de la passerelle de l'Estellier emportés comme de vulgaires fétus de paille ?
Ou bien est-il envasé au milieu des alluvions ?
Pour mettre fin à ce suspense insoutenable, l'association "Mémoire des Salles-sur-Verdon"
a affrété une expédition qui va tenter de répondre à ces questions.
Au menu :
- le plus grand des loueurs d'engins flottants du lac de Sainte-Croix...
- son meilleur matériel...
- des membres motivés de l'association...
- le plus grand des moniteurs-guides, bardé de diplômes concernant tout ce qui se trouve sous l'eau...
- ...et muni de son sonar...
- une belle journée d'automne, avec un lac proche de son minimum annuel.
C'est parti : embarquement immédiat.


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Serge Trigance, vice-Président de l'association "Mémoire des Salles-sur-Verdon",
donne un coup de main à Olivier Oller pour monter le matériel à bord.
(Ci-dessus)
Et le Capitaine Bousquet tient la barre !
(Ci-contre)
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Cap à l'Ouest !
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La profondeur croît rapidement pour se stabiliser autour de 17-18 mètres,
avec un fond uniformément et désespérément plat.
(Ci-contre)
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Ci-dessous, un agrandissement de l'écran du sonar,
18 mètres (profondeur)
21°C (température à la surface de l'eau)
Aucun relief, fond plat !


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Quand soudain ... !

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La profondeur décroît de 18 mètres jusqu'à 15 mètres... et l'écho sonar montre
la présence d'une structure en relief sur le fond.
Un relief de 3 mètres : c'est le pont !
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Ci-dessous, un agrandissement de l'écran du sonar,
15 mètres (profondeur)
21°C (température à la surface de l'eau)
Relief marqué !

Avec le moindre mouvement, la profondeur croît aussitôt,
en montrant à nouveau un fond uniformément plat à 18 mètres.
Et le Capitaine Bousquet manoeuvre longuement pour retrouver le pont...
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Quelques longues minutes plus tard...
14 mètres !
Et l'écho sonar s'affole !
Maître Oller aussi, au point de mettre son doigt devant l'écran...
Pas de doute, on est "pile" sur le pont.
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Ci-dessous, l'agrandissement de l'écran du sonar, qui indique bien 14 mètres.

Le moindre mouvement montre un fond uniformément plat à 18 mètres.
Ce qui remet le Capitaine Bousquet à la manoeuvre...
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Quelques (trop longues) minutes plus tard...
Le sonar hésite entre 14 et... 13 mètres !
On est à nouveau sur le pont.
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Ci-dessous, l'agrandissement de l'écran du sonar, qui indique brièvement 13 mètres.
Avec un relief très marqué... et un brochet à 15 mètres !

A nouveau, le mouvement naturel des flots montre un changement de profondeur.
Au milieu de cette vaste plaine à 17-18 mètres, pourrait-on identifier les "trous d'eau"
qui entouraient certains des piliers en pierre de l'ancien pont ?
Capitaine Bousquet à la manoeuvre...
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Et quelques minutes plus tard...
20 mètres !
Et un relief curieux.
Est-on au pied des piliers du pont, dans l'ancien lit du Verdon ?
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Ci-dessous, l'agrandissement de l'écran du sonar.

Et l'exploration se poursuit, avec plusieurs passages sur le pont disparu,
bien identifiables par le relief que révèle le sonar.
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Au loin, le pont du Galetas en béton n'émeut personne !
Ci-dessous, quelques écrans du sonar qu'il est bien difficile d'interpréter avec certitude.
Mais il n'y a aucun doute : ce relief bien marqué à cet endroit ne peut être que le pont d'Aiguines !
Le pont qui avait défié les siècles a continué à résister au temps... Le courant monstrueux qui a recouvert d'arbres morts
les rives du lac de Sainte-Croix, lors du cataclysme de novembre 1994,
ne l'a apparemment pas détruit. Est-il envasé ? Recouvert d'alluvions ?
C'est bien possible, si on en juge par la pente douce que révèlent certaines images du sonar.
Août 2015 :
tous nos remerciements à la personne qui nous a envoyé cette image prouvant qu'il est bien là !
Avec toutes ses arches, tel qu'il a disparu
en 1974 :

Enquête à suivre...
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