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Le forum des Salles-sur-Verdon
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Nombre de messages : 95
le 09/11/2007 à 11:32

Je voudrais ajouter un petit message pour Raoul, simplement lui dire qu'il m'a fait pleurer avec son message, je ne possède pas un vocabulaire aussi précieux que le sien pour décrire le vieux Salles et mes souvenirs, mais pour un instant je courrais auprés de son vélo et je l'accompagnais acheter le pain.

Je suis totalement d'accord avec tout ce qu'il a écrit à la fin, et je me joins à la réponse du webmestre , c'était comme si j'avais démarré un livre de mon enfance, le coin derrière la maison de Monsieur Boeuf c'était mon paradis privé, je m'y perdais chaque après-midi, j'essayais de voir des grenouilles dans le ruisseau et souvent j'allais y chercher des escargots.

Raoul, vous avez écrit un véritable chef d'oeuvre, merci de tout coeur, je l'ai imprimé pour le faire lire à toute ma famille.

Quant à la question posée, la réponse est bien simple, ça ne valait pas la peine, mais les gens aujourd'hui ne croient plus à rien, leur dieu est l'argent, ils vivent une vie vide, leurs âmes sont vides, ils pensent que l'argent remplira ce vide dans leur intérieur mais ça n'est pas ainsi. Nous vivons dans un monde complètement virtuel et faux, où tous les bons principes de la vie, et les choses qui forment réellement une vie équilibrée et saine disparaissent, et les seuls coupables sont les gens qui ont soif de célébrité, d'argent et de pouvoir, l'alcool, les drogues, et sous mon point de vue, la télévision, surtout ici en Espagne. Les familles se détruisent, les enfants perdent leur éducation et s'élèvent dans la rue, tout le monde est seul et se plaint d'être seul, mais quand ils sortent de leur maison ils font croire que tout va bien et qu'il sont heureux, on commence les maisons par le toit et évidemment tout s'écroule.

Au vieux village et dans mon enfance, nous n'avions pas les discothèques, les ordinateurs, les jeux vidéos, nous n'avions pas tant de télévision pour nous empoisonner les idées, mais nous avions l'île au trésor, et nous passions les journées dans les champs, prés des ruisseaux, à nous baigner dans les rivières, nous vivions la vie, maintenant nous la détruisons et petit à petit nous devenons des robots, les gosses passent la journée devant la télé ou devant l'ordinateur, plus de dialogue avec les parents, enfin, je suis fachée avec l'argent et avec notre temps, mais je ne peux plus retourner en arrière, on m'a privé de mon paradis, on m'a privé de mon village sans me demander la permission ou mon avis, on m'a volé une grande partie de ma vie, et on m'a privé de mon enfance, tout cela pour une poignée de billets.

Je n'arrive pas à m'expliquer correctement en français car cela fait bien longtemps que je ne retourne pas en France en vacances, et ici je parle anglais et español toute la journée. Mais dans ma tête et dans mon coeur mes sentiments sont très clairs, et je sais que plus d'une personne qui puisse lire ces lignes comprendra de quoi je parle. Enfin, j'espère ne pas avoir eté trop ennuyeuse avec ce message. Merci Raoul, merci pour ce joli et précieux texte. A bientôt à tous.

Réponse du Webmestre : Muchas gracias, Conchi ! Il me semble que le vocabulaire de ce message est parfaitement clair!

Et puis il ne nous reste plus qu'à faire apprécier à tous ceux qui n'ont pas eu notre chance, ce qu'est la vraie vie, et leur apprendre pourquoi il faut protéger les coins de notre planète qui sont comme l'était notre ancien village!
 
le 05/11/2007 à 14:31

Je m'appelle Conchi Navarro, je vis en Espagne. Je suis née un 20 octobre de 1967 à Manosque. J'ai vécu les premières années de ma vie dans ce merveilleux village qui fut l'ancien Salles sur Verdon, et je n'avais pas plus de 4 ans quand papa décida de partir du village car on allait lacher les eaux d'un lac et détruire le village.

Mais même si le temps a passé, même si le village n'existe plus et même si je vis à environ 1200 kilomètres de là-bas, je n'oublierai jamais les années passées là-bas et les gens qui m'ont connue, aimée, et protégée.

Mon premier petit copain, Eric Brunias , nous gardons toujours une très bonne amitié avec ses parents Mr et Madame Brunias. Je me souviens bien aussi, de Mr et Madame Ribaud, Marie Hélène (leur fille), Jean Roger (leur fils) qui était un de mes meilleurs amis à l'époque. Ma nounou, Madame Minini, je ne sais pas si vous pourriez le croire mais à mes 40 ans quand je me souviens des pâtes qu'elle me cuisinait avec tant d'amour et de tendresse, j'en ai le gout qui me vient à la gorge, je donnerais n'importe quoi pour savoir la recette de ses pâtes, quel fromage usait-elle? Avec maman nous avons essayé de trouver un beurre ou un fromage qui puisse donner le même gout mais il n'y a pas moyen d'y arriver. Mr et Mme Boeuf, voila bien 32 ans que je ne les ai pas vus, je les aimais énormément, ils étaient un peu comme mon papi et ma mamie, et leur fille Nelly était ma meilleure amie, elle était bien plus âgée que moi, mais par son caractère c'était une championne pour me faire rire, elle avait une imagination incroyable pour m'inventer des histoires.

La meilleure époque de mon enfance, les plus beaux souvenirs, les meilleures personnes que j'ai connues tout au long de ma vie, toutes ces personnes étaient aux Salles sur Verdon. Les champs qui entouraient le village, les champs de lavande, les petites voitures du fils de la bouchère dans les poches de ma veste, les fleurs dans les champs, les hangars de Mr Ribaud, les fontaines, les lavoirs, les moutons, tout absolument tout vit dans mon coeur.

J'espère pouvoir retourner très bientôt au village et visiter la maquette à la mairie.

Je voudrais remercier de tout mon coeur les gens qui ont eu l'idée de faire ce site sur internet pour nous permettre à tous de pouvoir revivre nos moments à travers les photos déposées par les villageois. Depuis le premier moment où j'ai commencé à visiter le site, mes larmes ont commencé à noyer mes yeux et à couler sur mes joues, témoignage de l'énorme émotion que j'ai sentie en voyant des photos, des paysages, qui n'existaient que dans ma tête depuis mon enfance. Je n'avais aucune opportunité de retourner à ce village, de respirer les parfums de ses champs de lavande, de me promener sur la place de l'ancien village, grâce à vous tous, Sallois, j'ai pu faire réalité un de mes plus grands rêves, retourner au vieux Salles. Merci de tout mon coeur.

Depuis l'Espagne sincèrement, la famille Navarro au complet, Simon NAVARRO, Teresa NAVARRO, Conchi NAVARRO, Jeanne NAVARRO et Maria elena NAVARRO nous envoyons milles baisers à tous ces Sallois qui nous ont connus et désirons leur souhaiter à tous avec un peu d'avance, un joyeux Noel et une merveilleuse année.
A trés bientôt.

Conchi

Réponse du Webmestre : Je parlais récemment de votre famille avec Paquita et Antoine, les Sallois ne vous ont pas oublié!

Amicalement,
le Président de l'association "Mémoire des Salles-sur-Verdon"
   
le 26/06/2007 à 10:38

« Mémoires d’outre temps d’un gamin citadin »

Je me souviens encore des bonds que faisaient mon cœur et mon esprit quand après quelques heures de route surgissait au débouché d’un virage la vue de cette vallée.

Cette superbe étendue verte bordée de hautes collines d’un brun rouge foncé, couronnées de craie blanche séparée par un grandiose ruban bleu-vert, écrasée sous un soleil flamboyant, était pour moi la promesse de liberté pendant les trois prochains mois. C’était mon domaine, mon terrain de chasse, et comme Tarzan dans son royaume, je savais que j’allais retrouver ma tribu de copains pour y vivre de nouvelles et grandes aventures.

C’était là, dans les senteurs de lavandes, de thym et les effluves des moutons, des chevaux et des truffes, sous un ciel toujours couleur d’azur, que j’ai passé les plus beaux mois de ma vie.

C’était là que j’allais faire mes plus belles cascades, involontaires le plus souvent, sur un méchant vélo gris au guidon rouge qui m’a valu de la part des copains le surnom de « guidoline », et quelques marques que nous gardons encore dans nos chairs, mes potes et moi.

C’était là que les anciens nous amenaient avec eux aux champs pour ramasser les bottes de lavande, qui me permettait de faire des hottes et des bouteilles avec des rubans de soie multicolores que me vendait l’épicière de la grande place, Madame Richard, et comme on n’était pas un peu fier de revenir au village sur la remorque… Rois d’un royaume imaginaire, que l’on était d’ailleurs.

C’était ça aussi la gentillesse des anciens, quand malgré une dure journée de labeur, ils nous accordaient quelquefois du temps, le soir, assis sur le banc en pierre de la placette du bas, dans la pénombre de la nuit tombante à la fraîche, pour nous transporter dans des mondes fabuleux ou terrifiants, à grand coup d’histoires vraies ou fausses, mais qui me faisaient toujours rêver.

C’était là aussi que certains soirs, pendant que les grands prenaient le frais, on faisait d’énormes parties de cache-cache et de poursuites dans les ruelles du village qui était alors entièrement à nous.

Que de fois j’ai grimpé en courant la grande rue, redescendu par la Calade, et dégagé sur le chemin du canal derrière la maison de Monsieur Bœuf, pour revenir au but sur la placette sans me faire prendre par l’équipe adverse !

C’était dans les Iscles, ce paradis couvert de joncs, que j’ai appris du Grand Louis les techniques de pèche que je pratique encore aujourd’hui pendant mes vacances dans un autre département.

C’était des soirées avec les copains dans la vapeur de lavande directement sortie de l’alambic, le tassage des bottes pour la bouillie, et l’alimentation du four avec les lavandes distillées.

Et puis, c’était les balades et les baignades au pont de Garuby.

Des chevauchées amoureuses, platoniques, après celle à qui j’avais donné mon cœur mais qui n’en voulait pas, et les échappatoires mises en place pour le préserver de celle qui voulait me le prendre de force.

C’était les petits-déjeuners avec les œufs frais des poules de Monsieur Laugier, la fougasse dorée chaude croustillante et parfumée du boulanger Monsieur Taxil. C’était d’ailleurs un véritable supplice pour moi quand il fallait que j’aille l’acheter moi-même, et bien souvent le morceau n’arrivait pas entier a la maison, quand il arrivait.

Le midi en guise de dessert je n’aurais jamais échangé mon morceau de roquefort acheté chez Madame Richard pour un empire.

C’était les chapardages de pommes et de pêches dans les vergers sous les alambics et le souvenir des cuisantes piqûres de ces braves abeilles que j’avais dérangées.

Je me souviens aussi qu’un été un grand planeur, superbe oiseau blanc, s’était posé dans le grand champ derrière le hangar du Barda, face aux alambics, et j’étais admiratif de cet appareil descendu des cieux tel un dieu sans aucun bruit.

C’était tout cela, et bien d’autres choses encore, que ce pays… et pourtant il n’était pas dans un monde virtuel ou sur Internet.

Non il était en France, bien de chez nous.

Jusqu’au jour où !

Un Monsieur quelque part dans les froidures du Nord a décidé que cela ne pouvait plus durer, que ce paradis ne pouvait plus être réservé qu’à quelques-uns, même si ces quelques-uns avaient trimé toute leur vie, et y avaient laissé leur peau, pour certains, pour en faire ce qu’il était.

Le couperet est tombé actionné par un technocrate perdu dans son monde de profits et de rentabilité.

Il fallait que ça serve à tout le monde et principalement aux touristes, éternels inconnus qui avaient grand besoin d’eau sur la côte.
Et pour cela il fallait que la vallée soit remplie de cette précieuse eau.

Alors on a tué mon beau village,
rasée ma belle vallée,
démonté le pont en fer,
et comme on n'a pas osé dynamiter le pont romain d’Aiguines,
on l'a laissé pourrir sous l’eau.
On a déplacé les tombes de ces anciens qui m’ont tant appris et fait mon enfance.
On a fait table rase parce qu’il fallait que ce soit propre.

Des individus qui n’étaient jamais venus dans mon paradis l’ont condamné sans jugement et l’ont assassiné sans pitié pour en faire un grand lac.

Bien sûr, il est beau ce lac.

Mais vous qui allez y passer vos vacances, essayez si vous le pouvez, d’imaginer ce qui était là avant.
Ayez une petite pensée, quand vous entrez dans l’eau pour vous rafraichir, qu’il y a quelques années, là où vous faites gentiment trempette, des gens vivaient et étaient très heureux,
des gamins ont bâti leurs rêves,
des adolescents ont connu leurs premiers amours,
des adultes ont donné et perdu la vie,
pensez que pendant des siècles, dans cette vallée, le savoir s’est transmis, que la vie s’est maintenue.

Est-ce que cela en valait la peine ?

Je vous laisse y répondre en votre âme et conscience.

Quant à moi, quand je regarde le lac, je me prends à le voir invisible, et je ne vois que mon paradis comme s’il était là, vierge de tous saccages, inviolé et toujours là.
Eternellement PRESENT.

Réponse du Webmestre : ... ...
 
le 25/06/2007 à 21:14

La "magie du Verdon !" deviendrait-elle le slogan sallois de l'été ? En tous cas, je constate que ceux qui ont connu le village parlent des mêmes souvenirs "paradisiaques". Est-ce simplement notre mémoire d'enfance qui ressurgit et nous rappelle qu'autrefois, le bonheur était dans la vallée ? Sans aucun doute, oui. Des souvenirs qui correspondent à une époque révolue, moins artificielle qu'aujourd'hui (il n'y a que les lacs qui sont artificiels dans le Verdon...).
Est-ce que Raoul se souvient également de ce cerisier à l'entrée du chemin des iscles ?
Petites parcelles infimes de mémoires, petits bonheurs de riens qui font de grands souvenirs.

Réponse du Webmestre : Mais oui, il se souvient parfaitement du chemin des Iscles, avec ses vergers de pommiers...
 
le 23/06/2007 à 14:04

Qu'il écrit bien Raoul ! Merci. C'est un très beau témoignage, un récit vivant. Pour qui a connu les Salles sur Verdon pas besoin d'images... Fermer les yeux, écouter le texte et les odeurs du pays d'antan ressuscitent par enchantement...
Et merci aussi pour la nouvelle page : "1974, l'agonie."
La présentation et les photos en noir et blanc répercutent vraiment le drame de ce quotidien que la mémoire vous enseigne de conserver.
Vous travaillez pour le futur.
Cordialement. B.M.

Réponse du Webmestre : Merci de votre appréciation, M. Mariotti.
Avec un tout petit bémol... "Vous travaillez pour le futur" avez-vous écrit fort justement. Non : "NOUS travaillons pour le futur" serait plus juste, car vous avez fait une part du boulot... merci encore pour ce que vous avez fait pour la mémoire.

Pour en revenir aux écrits de Raoul, ce qui est extraordinaire, c'est qu'il a passé aux Salles une infime partie de son existence, et que ces moments testent gravés à jamais pour lui (comme pour beaucoup d'entre nous) comme des moments inoubliables de notre existence...

C'est sans doute "la magie du Verdon" qui opère...
 
le 21/06/2007 à 16:26

Bonjour
Qui que vous soyez, BRAVO et FELICITATIONS pour ce site que je viens de découvrir par hasard.
C'est d'autant plus du fond du coeur, et avec beaucoup d'émotion que je vous envoie ce message, car j'ai passé plusieurs étés, de 1962 à 1970 environ, au village.
Ma grand mère louait pour les trois mois de vacances la maison de monsieur Laugier, oui, celle qui est en photo avec "l'escalier à poules". Je me souviens très bien de monsieur et madame Laugier, principalement de monsieur, et surtout de sa grosse truie avec qui il allait faire la sieste en début d'après midi. J'avais une frousse totale du bestiau, qui, il faut le dire, n'avait rien d'un porcelet.
Que de souvenirs me reviennent, et en plus je revois des photos de certains copains ou copines dont je me souviens... Comme Gisèle, ou Jocelyne qui était comme moi de Marseille et son petit frère, je crois qu'il s'appelait Paul ou quelque chose de ce genre, car la grand mère hurlait toute la journée "POOOPAUL"...
J'ai revu aussi avec plaisir les photos du "Grand Louis", c'est lui qui m'a initié à la chasse aux mouches dans les écuries et à la pêche aux chevesnes et aux gardons dans les iscles, endroit fabuleux où il ne fallait pas perdre de vue le grand arbre qui bordait l'entrée de la route pour remonter au village.
Et le coiffeur chez qui je passais systématiquement au moins une fois minimum dans l'été, la boulangerie qui savait si bien faire des fougasses que je dévorais à pleines dents au petit déjeuner... il me revient encore dans la bouche ce goût sucré que je n'ai plus jamais retrouvé nulle part ! Sans oublier l'épicerie qui me permettait d'avoir du ruban pour faire les coussins de lavandes ou des bouteilles qu'elle me revendait aux touristes, c'est comme cela que je me faisais un peu d'argent de poche que je dépensais aussitôt en glaces ou en bonbons et puis je me souviens aussi que sous son épicerie elle conservait dans une cave des meules de Rocquefort qu'elle faisait affiner, jamais aucun fromage n'aura plus ce goût et cette saveur-là.
Que de souvenirs bons et quelquefois douloureux fait resurgir votre site.
Mes premières libertés grâce au vélo.
Ma première mobylette.
Ma fracture de la clavicule sur la petite route entre le 1er et le 2ème alambic, je crois.
Les parties de cache-cache dans les ruelles du bas village le soir, et les bains dans le petit lavoir les jours où les parents ne voulaient pas nous mener au Verdon.
Maintenant il faut bien que je vous dise qui est cet estranger qui venait tous les étés dans votre paradis : je m'appelle Raoul, je suis un vieux schnock de 54 balais marié et deux fois grand-père. Je ne suis retourné qu'une fois au nouveau village en 1985 ou 1986, et je n'y ai pas retrouvé un tant soit peu ce qui faisait le charme du vieux village.
Dernière chose - pour l'anecdote et c'est quelque part un mini drame pour moi - en 1991, je me suis marié avec une fille dont le père était un grand ponte d'EDF et j'ai appris plus tard que c'était un des principaux dirigeants du projet du barrage… Je trouve cocasse d'être pleinement heureux avec la fille d'un individu qui a détruit tout le cadre paradisiaque de votre enfance… Comme quoi la vie… … … elle réserve bien des surprises…
BRAVO ENCORE et merci pour cette cure de jouvence.
Raoul.

PS: si des fois vous avez des contacts avec les personnes citées qui sont bien entendu encore parmi nous, faites leur un petit coucou de ma part, peut-être qu'elles se souviendront comme moi...

Réponse du Webmestre : Message transmis à tous les anciens. Merci et bravo à toi Raoul, pour ce grand moment d'éternité...
 
le 02/04/2007 à 20:17

Je félicite les auteurs de ce site et l'idée de créer ce forum. Je ne suis pas originaire du village des Salles sur Verdon mais en découvrant les nouvelles photos publiées sur le site mon coeur s'est à nouveau attristé... comme un ami disparu moi non plus, l'étranger, je ne reverrai jamais plus la lumière, les odeurs, les visages de ce village "à la mesure de l'homme".
L'auteur du film: "Mémoire d'un village" 1972-1974

Réponse du Webmestre : Merci M. Mariotti pour tout ce que vous avez fait pour nous.

JJ Grézoux
Président de l'association
"Mémoire des Salles-sur-Verdon"
 
le 02/04/2007 à 10:58

Bonjour Phearys

Vous avez ô combien raison... lorsqu'on voit ce qui se passe aujourd'hui en Chine, pour la construction du "barrage des 3 Gorges" sur le Yang-Tsé-Kiang, on ne peut que regretter que l'Homme n'ait pas su tirer les enseignements de ce que les Sallois ont vécu...

En 30 ans, il y a cependant eu quelques progrès : lors de la construction du barrage de l'Alqueva, qui a noyé le village portugais de Luz, nombre de précautions ont été prises pour "accompagner" les habitants du village condamné. Ce qui n'a pas empêché le traumatisme des populations "déplacées"... et suscité la solidarité des Sallois, puisque les deux villages sont désormais jumelés.

Cordialement,
le Webmestre du site de l'association
"Mémoire des Salles-sur-Verdon"
 
le 30/03/2007 à 23:33

Quelle bonne idée, ce forum ! Merci.
Pour répondre aussi à Lucy-Anne, "Je persiste à dire qu'il faudrait trouver d'autres lieux pour faire ces barrages
Des endroits où nul mort ne repose ...
ça doit bien exister quelques centaines de mètres plus loin..."
Oui, de tels sites existent : il y a eu, dans le passé, ce grandiose projet de construire un mur de béton à l'emplacement du Galetas, qui aurait simplement noyé les Gorges du Verdon voisines, site classé au niveau mondial, site naturel majeur, site unique en Europe, etc.... ce qui n'aurait, de toute façon, en aucun cas, évité l'anéantissement de la vallée des Salles. Deux barrages plutôt qu'un, allons-y ! (sans compter ceux plus hauts, dans la haute vallée du Verdon). Heureusement, la folie a parfois des limites. L'EDF a récidivé il y a quelques années, toujours dans ce pays du Verdon, en voulant tendre des lignes à très haute tension, au dessus de ces gorges... La résistance des habitants a réussi à faire abandonner ce magnifique projet. Ouf !
Les besoins exponentiels d'énergie de notre civilisation risquent d'aboutir à la réalisation d'autres réalisations démesurées. Surtout, n'allez pas suggérer à EDF qu'elle pourrait installer une grosse centrale nucléaire sur les bords du lac de Sainte-Croix : quelle réserve fantastique pour le refroidissement des réacteurs ! Et pourquoi pas l'implanter sur le plateau de Bocouenne ?
Trêve d'humour noir, mais ce qui est arrivé aux salles, il y a un peu plus de 30 ans, se renouvelle ailleurs, en Chine, en Turquie, en Espagne... Et là, ce sont des vallées entières, plus importantes qui sont sacrifiées.
Le webmestre dit : "un quasi-paradis," parlant de l'ancien village... Oui, un endroit paisible, où les gens ne demandaient qu'à vivre de leur travail, ne réclamant du progrès que le nécessaire. La plaine était un jardin d'Eden : c'est tout un éco-système qui a été noyé, c'est une histoire séculaire qui a été anéantie.
Avec une génération de recul, quelles conclusions, quels enseignements pourra-t-on tirer de ces évènements ? C'est intéressant d'en discuter sur ce forum.
Protégeons le Verdon, aimons-le, il est toujours menacé.
PDP.
 
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