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Le forum des Salles-sur-Verdon
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Messages : 41 à 50
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Nombre de messages : 95
le 01/01/2011 à 13:01

Très émouvant, ce petit film d'époque.
Je comprends maintenant pourquoi ce traumatisme est encore à fleur de peau presque 40 ans après.
Ce sacrifice écologique et humain à l'époque n'était pas pris en compte. La prochaine fois que j'irai aux Salles-sur-Verdon, venant de ma Bretagne lointaine, je verrai le lac et le barrage de Ste-Croix avec une autre vision sur ce passé cauchemardesque !

Réponse du Webmestre : Merci pour votre empathie... espérons que les leçons auront été tirées, et que les maîtres d'ouvrage d'un futur projet similaire agiront avec plus de discernement.
 
le 29/12/2010 à 19:53

Je viens de visionner la vidéo que vous venez de mettre en ligne sur Youtube à cette adresse :
sous le titre : "La fin des fermes de Sainte Croix".
J'invite les visiteurs de ce forum à visionner ces minutes tragiques auxquelles je viens de joindre ce commentaire :
"Oh ! mes entrailles ! ce coup de poignard et ce sang qui gicle, celui de la terre, sang de leur terre et sang de leurs ancêtres... ce n'est plus l'eau du Verdon qui vient irriguer les veines de leurs champs, mais la douleur de leur vie mêlée de larmes qui explose dans leur plus profond de leur être... Hommes de lois, comptables étriqués des biens publics, techniciens des grands offices de l'Etat, cerveaux robotisés fiers de calculs insensés, ah! vous tous serviles obéissants, voyez votre œuvre !"

Réponse du Webmestre : Merci M. Mariotti pour ce commentaire... cette vidéo est effectivement porteuse d'émotion lorsqu'on a vécu ces tristes moments.
 
le 17/12/2010 à 03:58

Bonjour
Effectivement le vieux village était une pure merveille... le soir à la fraicheur en promenant dans les ruelles, on entendait toujours le bruit de l'eau des fontaines... selon l'endroit, on savait que c'était celle de la calade ou celle de la place ou d'autres. Fontaines et lavoirs ne manquaient pas, et c'était une musique bien agréable... Très bons souvenirs qui atténuent un peu les mauvais... La peine du grand-père le jour ou il a fallu faire le vide au cimetière... Je tiens tout particulièrement à remercier Jean-Jacques ainsi que tous ces bénévoles de la Mémoire Vive... ils font du très bon travail... merci pour tous les anciens qui sont encore là, et pour ceux qui nous ont malheureusement déjà quitté...

Réponse du Webmestre : Bonjour... Et merci à vous pour ce doux chuintement de l'eau dans les bassins de l'ancien village... Ils sont tous là :
 
le 06/12/2010 à 15:02

Bonjour,
Que de découvertes en revenant sur votre site... Une joie.
Que de belles choses accomplies, pour garder cette mémoire, y compris la future maquette sur la vallée, une merveille sortie des mains d'un magicien...
Les Salles...
J'ai vraiment cru revenir aux sources...
Sources et rivières de mes vacances...
Je me suis vue avancer sur ce chemin passant par le bas du village, laissant le grand lavoir à gauche avec ces draps étendus sur le pré, le chemin des alambics à droite.
Je l'ai vue, cette rivière aux larges bras serpenter, les galets scintillants au soleil, les grandes pierres plates servant tantôt de bateaux voguant dans le tumulte de l'eau claire, tantôt d'îles réchauffées par le soleil...
Les saules osier, les peupliers bruissant sous le vent et se joignant au clapotis de l'eau...
Revenir au village en fin de journée voir les granges ouvertes et admirer ceux qui confectionnaient des tresses d'ail avec des mains adroites dans la fraicheur du lieu...
Entendre les cris stridents des hirondelles au coucher du soleil virevoltant d'un toit à l'autre, sur la grande place, où veille l'église et son clocher.
Non... Rien n'est oublié et plus encore maintenant, grâce à vous.
A votre site.
Je vous souhaite une longue route à tous.
Merci.

Réponse du Webmestre : ...merci pour cette belle page de souvenirs...
 
le 30/11/2010 à 19:33

Bonsoir
Alors, ce fameux maudit lac de Ste-Croix, est-il accepté aujourd'hui ? Les rancoeurs ont-elles disparues ? Par la force des choses ? Peut-on avec le recul tirer un bilan négatif ou positif ? Alors que le 40ème anniversaire
de sa création approche à grand pas...
Les habitants de Savines-le-lac qui ont connu une situation identique semblent dresser un bilan positif concernant la construction du barrage de Serre-Poncon. Il est vrai que c'était 15 ans avant celui de Ste-Croix.

Réponse du Webmestre : Bonsoir
Je ne pense pas que le temps fasse grand chose à l'affaire : le mal qui a été fait a marqué à jamais ceux qui l'on vécu ainsi.
Doublement...
... d'une part, ceux qui avaient des attaches sentimentales avec le village ont perdu un bien immatériel que je ne saurais décrire en quelques mots. Mais le message qui précède, ci-dessous, peut en donner une bonne idée (il provient d'une personne qui avait guère plus d'une dizaine d'années lorsque le village a disparu).
... d'autre part, les adultes, et ceux qui sont attachés aux biens matériels, garderont à jamais le sentiment d'avoir été lésés dans cette opération. Vous pouvez lire par exemple ces pages:


Si on vous mettait dehors de chez vous en rachetant votre maison - sans autre choix pour vous - en lui appliquant un coefficient de vétusté de 75%, seriez-vous satisfait de votre sort ? Même 40 ans plus tard...

A ce propos, il est faux de dire que Savines a vécu une situation identique : d'un point de vue purement matérialiste, le traitement a été heureusement différent.
 
le 10/11/2010 à 22:30

Bonjour,
Les souvenirs se ramassent à la pelle, non je n'ai rien oublié...
Un mois de liberté dans un village de rêve. Pendant onze années. Les balades sur le chemin des alambics, la lavande, les champs de blé. Les beaux légumes de Madame Paix, les truites de mon papa, les baignades dans la rivière jusqu'au soir, le tonnerre qui roule et gronde dans le torrent. Les siestes sous les chênes, les poules en liberté dans le village. La fête du village fin juillet. Le lait frais et les tranches de pain de campagne du matin. Les murs en pierre qui gardaient la chaleur du soleil. La fougasse de l'après midi à la rivière. Les caches-caches nocturnes pour se faire peur avec les camarades de vacances. Et puis la douce et gentille Paquita. Toujours le sourire.
Puis un jour, plus de devoir de vacances et de jeux dans son grenier, de balades dans les champs, plus de valises à faire en comptant les jours à Marseille qui me séparaient de tant de bonheur.
Un soir, un horrible soir, il y a eu l'image terrible d'une église qui explose... La fin de l'insouciance.

A ma grande joie, depuis sept ans je vis dans le Var tout près de Bauduen, et lorsque je me baigne dans le lac, il m'arrive souvent de me souvenir...
MERCI pour ce site je le découvre. Cela fait deux heures que je suis dessus. Et j'y reviendrai.
ENCORE MERCI.

Réponse du Webmestre : Bonjour
C'est vous qu'il faut remercier pour cette belle page de souvenirs.

En ce qui concerne le lait frais, il n'y manque que le bruit du pot au lait en aluminium sur le chemin de la maison de Marie-Lou...


N'hésitez pas à revenir !
 
le 29/06/2010 à 18:48

Bonjour a-t-on une idée aujourd'hui de la hauteur d'eau au-dessus du pont médiéval ?
De plus je crois savoir que le village de Ste-Croix-du-Verdon a bien failli disparaitre lui aussi. Pourquoi ne l'a-t-on pas fait ?

Réponse du Webmestre : Bonjour
Le pont médiéval se trouvait à l'altitude 452. L'ancien village des Salles-sur-Verdon se trouvait à l'altitude 450.
Le calcul est donc facile : par rapport à l'ancien village, il y a donc deux mètres d'eau en moins sur le pont.
Mais combien y a-t-il d'eau à l'ancien village ?
La réponse est là :


Le village de Sainte-Croix, en effet, a bien failli disparaitre. La cause principale s'appelait alors "exode rural".
 
le 15/06/2010 à 23:12

Verra-t-on un jour la fin de ce barrage maudit ???

Réponse du Webmestre : Bonjour.

Il vaudrait mieux, pour les millions de personnes qui vivent sur la côte varoise ou dans la région marseillaise, que l'on ne voit jamais la fin de ce barrage, même s'il est "maudit" par un grand nombre d'autres.

En effet, les multiples branches du Canal de Provence alimentent en eau potable le Var et les Bouches-du-Rhône à partir de la réserve d'eau constituée par le lac de Sainte-Croix. C'est la raison pour laquelle le niveau du lac, qui est en général très haut à la fin du printemps, baisse de plusieurs mètres à la fin de l'été.

Alors, de quoi se plaindre, puisqu'il qu'il s'agit d'un sacrifice pour le bien commun ?

D'abord, pour que les générations futures se souviennent que ce genre de "sacrifice" laisse des traces traumatisantes. Ensuite, parce que le sacrifice aurait pu être pratiqué avec beaucoup plus d'égards vis à vis des habitants de la vallée...
 
le 06/05/2010 à 14:38

Bonjour à tous, je suis heureux de pouvoir participer à ce forum. Pour m'être formellement penché sur l'histoire d'un ancien village en Isère, lui aussi condamné et englouti en 1962, je m'attelle à préparer un travail historique relatant la naissance, la vie et la mort de ce village. Plutôt que témoin du souvenir (je suis né bien après tous ces événements), je me considère plutôt comme porteur de mémoire, et c'est pour cette raison que j'avais sollicité pour comprendre ce procédé de condamnation de villages comme celui des Salles. Une question a été soulevée à la lecture des messages, à savoir les clochers émergeant de l'eau. Avec toutes les recherches que j'ai pu mener à ce sujet, j'ai l'exemple même du clocher du Dauphin englouti en 1935 dans la vallée de l'Oisans, en Isère... Il s'avère que tous les villages engloutis après la 2e guerre mondiale, ont été en totalité détruits (Naussac, Savines, Tignes, Ubaye...). Ce procédé serait né du projet de Tignes, le 1er village après guerre à être condamné, et dont la résistance sans nom de ses habitants sont narrées dans plusieurs ouvrages, dont ceux de José REYMOND, lui même ancien habitant de Tignes qui a suivi de près les événements. Au vu des habitants mobilisés contre le barrage, les forces de l'ordre avaient tenté de dissuader les "résistants" de la manière suivante : chaque fois qu'une famille déménageait, la maison était rasée pour avoir la certitude que personne ne revienne l'habiter ou la "squatter"!!! Cette ruse avait ainsi favorisé les expropriations qui ne se sont pas déroulées sans larmes, malheureusement.
Par ailleurs, en ayant regardé votre site très documenté, je me suis peut-être égaré, mais n'ai pas trouvé une place capitale que celui de l'exhumation du cimetière des Salles, symbole où reposaient tous ceux qui avaient donné la vie à cette communauté. Que peut-on découvrir sur le transfert des corps et des pierres tombales? Y a-t-il eu un registre tenu par l'administration sur lequel tout ait été inscrit ? Il me semble que la loi impose ce type de registre avec l'identité des défunts au moment d'exhumations; surtout en nombre que celles de vider un cimetière!!
Merci infiniment à vous pour demeurer vous aussi en porteurs de mémoire de ce passé douloureux !!!

Réponse du Webmestre : Merci à vous pour le travail que vous avez entrepris, et pour ces informations.

Il semble que le calendrier des destructions aux Salles ait suivi la même logique que celle que vous décrivez : déménagement -> destruction -> dégoût des résidents du voisinage.
(lire à ce propos la page web suivante)


En ce qui concerne le déménagement du cimetière, c'est volontairement que nous n'en faisons pas la description : ce jour de septembre 1972 a été le sommet de l'horreur. Je crois que la mairie possède effectivement la liste des transferts qui ont été effectués. Et le souvenir ne s'effacera jamais de la mémoire de tous ceux qui étaient présents ce jour-là...
 
le 13/03/2010 à 11:02

Bonjour
Pourquoi a-t-on décidé de construire un barrage à cet endroit, quels étaient les critères qui ont été retenus pour envisager une telle construction ???

Réponse du Webmestre : Bonjour Clémence
Le lac est, avant tout, une réserve d'eau.
Lorsque l'on regarde le site, le rapport entre le nombre de m3 de béton utilisés, et le nombre de m3 d'eau retenus est optimal. D'un point de vue économique.
Quand on veut boucher une bouteille, on choisit plutôt de mettre un bouchon à l'endroit le plus étroit (le goulot) qu'à l'endroit le plus large.

J'ignore si d'autres critères ont été pris en compte, je ne pense pas qu'il y ait eu une vengeance quelconque d'un maître d'ouvrage du projet vis à vis des gens qui ont été lésés...
 
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